Pauvre B...!

Cher Monsieur Baudelaire, c'est un grand honneur pour moi d'écrire au plus grand poète de son siècle et à un homme d'exception. J'éprouve cependant un certain chagrin à la lecture des propos qui vous sont attribués à l'encontre des Belges que vous semblez critiquer très sévèrement. Pourquoi une telle véhémence contre un peuple qui de son côté n'a pourtant aucun grief à votre encontre? Je suis Belge et je vous trouve bien cruel à notre égard. Amicalement,
G Lison. Dialogus


Cher G.
Merci pour vos compliments, même si je doute que l'on puisse vraiment voir en moi le meilleur poète de mon siècle, comme vous me l'écrivez affectueusement.
Pour ce qui est de la Belgique et de ses habitants… Il est vrai que j'ai, autrefois, tenté de réaliser un pamphlet intitulé Pauvre Belgique. J'étais alors sérieusement atteint par la maladie, et en Belgique, où j'espérais recouvrer un tant soit peu de ma santé, mon état n'a fait qu'empirer. Je me retrouvais donc aigri, et si seul avec moi-même, dans cette chambre minable de l'hôtel du Grand Miroir, que j'en ai voulu à tous, et ai choisi arbitrairement la Belgique pour me venger.
Mais cela n'était pas exclusivement contre les Belges… Ce pays n'était qu'un prétexte, destiné en réalité à blesser tout le monde. Tenez, j'écrivis même à ce propos que «enfin, je finirai ce petit livre, qui, en somme, m'a contraint à aiguiser mes griffes. Je m'en servirai plus tard contre la France.». Votre Belgique a, de plus, un art baroque religieux magnifique… Comme à Saint-Loup de Namur, cette église que j'aime tant…
Ainsi, j'espère que vous saurez pardonner les propos d'un homme usé par la maladie et la solitude, qui n'a d'ailleurs jamais eu toute sa tête…
Je vous adresse, ainsi qu'aux autres Belges, mes sincères excuses contre ce sinistre pamphlet, qui ne fut, du reste, jamais édité…
Avec mon repentir, Charles Baudelaire.

Liens

Les textes concernant "Pauvre B...!" peuvent être consultés sur les liens suivants:

  1. Plume, présentation en diapositive
  2. Maison du spectacle Bellone
  3. Pauvre Belgique
  4. Certains n'aiment pas les Belges...
  5. Vie et Oeuvre de Baudelaire
  6. Baudelaire par Palmer
  7. La Belgique fin de siècle

          Revue de presse

          Idwig Stéphane est Pauvre B, il est Baudelaire. Superbe performance d’un acteur qui donne sa peau sur scène, qui est ce poète qui hurlait : « Je suis de ceux que les hommes n’aiment pas mais je suis de ceux dont les hommes se souviennent ». Son Baudelaire malade, rongé en dedans par lui-même, crispé et fou fera date. C’est un spectacle qu’il ne faut pas manquer.
          Le Soir, Luc Honorez « Pauvre B »

          Idwig Stéphane est Baudelaire, seul face à la Belgique et à lui-même, à sa mère invisible, à la maladie. Dandy, ganté de rose, aux cheveux teints, petit, il occupe la scène, tragique dans chacun de ses gestes, de ses regards, de ses pas. C’est une des compositions les plus saisissantes, mécanique, réglée, acérée, qu’il nous a été donné de voir. Spectacle exceptionnel.
          La Nouvelle Gazette, G.R."Pauvre B"

          Baudelaire ressuscité. Le monologue se trouve non seulement mis en valeur mais pris à bras le corps par un comédien d’un talent exceptionnel.
          Jo Gérard« Pauvre B »

          Stéphane nous émeut, nous fascine et nous dérange comme si l’âme torturée de Baudelaire s’était brusquement emparée de sa personne, comme si le corps déjà malade de l’écrivain animait ses mouvements saccadés. Nous avons eu la chance pour quelques jours de posséder Baudelaire ressuscité parmi nous plus vrai que nature. Il faut assister toutes affaires cessantes à ses colères, à ses méditations et à ses combats avec lui-même et avec l’ange. L’Eventail« Pauvre B »

          Travail scénique impressionnant. En jaquette et gilet, ganté de rose, Idwig Stéphane prend en charge ce personnage échevelé du poète devenu comme étranger à toute humanité, perdu dans la mécanique de ses phantasmes, dandy désormais dérisoire. C’est à la fois très irréel et cependant créateur, outrancier et néanmoins remarquable.
          Pourquoi Pas? Joseph Bertrand «Pauvre B»